À l’ère des messages instantanés, des applications de rencontre et des ex toujours accessibles, certaines ruptures ne se vivent plus franchement. Elles se préparent en silence. Une relation se termine rarement seule : une autre attend déjà en coulisses. Ce phénomène porte un nom : le monkey branching.
De plus en plus évoqué sur les réseaux sociaux et dans les cabinets de psy, ce comportement relationnel trouble la frontière entre séparation, fidélité et trahison émotionnelle. Et surtout, il laisse souvent des traces durables.
Le monkey branching, ou l’art de ne jamais lâcher prise
Le principe est simple. Une personne reste engagée dans une relation tout en développant, en parallèle, un autre lien affectif. Parfois émotionnel, parfois romantique, parfois déjà charnel. L’objectif reste le même : sécuriser une sortie avant d’oser rompre.
Ce mécanisme ne repose pas sur la cruauté, mais sur la peur. Beaucoup de psychologues y voient une stratégie de protection émotionnelle. La relation actuelle devient alors un filet de sécurité, pendant que la suivante se construit lentement. Cependant, ce choix évite l’inconfort, mais empêche aussi toute véritable clarté.
Des signaux discrets, mais déstabilisants
Le monkey branching ne ressemble pas toujours à une infidélité classique. Il agit plus subtilement. L’attention se déplace ailleurs. Progressivement, la relation perd sa priorité.
Certains signes reviennent souvent. Une distance émotionnelle s’installe. Les projets communs stagnent. Les discussions profondes se raréfient. De plus, un “nouvel ami” prend une place centrale. Les emplois du temps deviennent flous, le téléphone se verrouille, les conversations sur l’avenir se font rares, voire évitées… De son côté, la personne qui pratique le monkey branching s’investit de moins en moins dans la relation officielle. Pourtant, elle ne rompt pas. Elle attend, elle compare, elle assure ses arrières.
Une forme d’infidélité émotionnelle
Même sans relation sexuelle, ce comportement blesse. Car l’engagement se dilue : l’autre devient un partenaire partiellement exclu, sans en avoir conscience. Les thérapeutes parlent alors d’infidélité émotionnelle.
L’impact psychologique reste fort : perte de confiance, sentiment de trahison, remise en question personnelle… La rupture, lorsqu’elle survient, semble souvent brutale. D’autant plus quand la nouvelle relation démarre immédiatement après.
Comment se protéger du monkey branching ?
Pour celles et ceux qui subissent cette situation, poser des mots aide déjà. Comprendre que l’on n’est pas responsable de ce choix protège l’estime de soi. Ensuite, poser des limites claires devient essentiel. Couper le lien peut aussi s’avérer nécessaire pour se reconstruire.
Pour celles et ceux qui se reconnaissent dans ce schéma, le travail commence ailleurs. Apprendre à être seul, accepter qu’une relation puisse se terminer sans solution de repli. Enfin, explorer ses peurs d’abandon et son rapport à l’attachement, parfois avec un professionnel, permet de transformer durablement sa manière d’aimer.