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Post-partum : prendre soin de soi dans la tempête hormonale

Par Sarah Hellec |

Après l’accouchement, tout devrait être simple. En théorie. En pratique, le post-partum reste l’une des périodes les plus bouleversantes – physiquement, émotionnellement et mentalement – dans la vie d’une femme. Fatigue extrême, montagnes russes émotionnelles, corps transformé, injonction à être une “bonne mère”… Caroline Lanson, cofondatrice de MiYé, nous parle d’un post-partum où prendre soin de soi n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Post-partum : prendre soin de soi dans la tempête hormonale

Un cerveau chamboulé, un corps qui s’oublie

Selon Caroline, l’un des besoins les plus urgents des jeunes mamans est souvent mal compris : se remettre au centre. « Après un accouchement, il se passe de vraies modifications dans le cerveau. On devient complètement centrée sur le bébé, au point de s’oublier. Or c’est précisément un moment où le corps traverse des perturbations hormonales majeures. »

Cette chute hormonale brutale a des répercussions directes sur les émotions. Elle impacte notamment les neurotransmetteurs liés au bien-être, comme la dopamine et la sérotonine. « On a aujourd’hui prouvé le lien entre ces hormones et la manière dont on se sent bien – ou non – dans sa peau. Cette baisse peut conduire à une dépression du post-partum. »

Et pourtant, rappelle Caroline, prendre soin de soi n’est pas égoïste. « Un bébé est poreux aux émotions de sa mère. Une maman qui se sent bien dans son corps et dans sa tête nourrit aussi les émotions de son enfant. C’est vraiment le principe du masque à oxygène : il faut se le mettre d’abord à soi. »

Briser le mythe de la mère parfaite

L’un des pièges les plus dangereux du post-partum reste l’illusion de devoir tout gérer seule. « Il faut se défaire de l’idée que demander de l’aide ferait de nous une mauvaise mère. Le droit – et même le devoir – de se faire aider est fondamental. » Caroline insiste aussi sur un point souvent mal compris, notamment chez les mères allaitantes : ce n’est pas le moment de restreindre son alimentation. « Après un bébé, le corps a un besoin énorme de nutriments : des bons gras, des oméga 3, du magnésium… Tout ce qui soutient le cerveau et la production de sérotonine et de dopamine. Le safran, les noix, les acides gras sont essentiels. Il faut écouter son corps, encore plus quand on allaite. »

Elle alerte également sur une idée reçue : vouloir perdre du poids trop vite. « Quand on perd du poids pendant l’allaitement, les toxines peuvent se retrouver dans le lait maternel, et se transmettre au bébé. Chaque grossesse demande un vrai temps de régulation. Il ne faut surtout pas chercher la performance, mais l’indulgence. »

Les petits gestes qui changent tout

Face à ces bouleversements, certains gestes simples peuvent pourtant avoir un impact énorme sur le bien-être post-partum. « Les auto-massages sont importants. Le corps change, le regard sur soi devient souvent négatif. Se masser, même quelques minutes dans la douche, permet une vraie reconnexion à soi. »

La musique fait aussi partie de ces outils sous-estimés. « Elle a un effet apaisant, pour la maman comme pour le bébé. Elle peut devenir un rituel très puissant. » Et puis, il y a la question de la séparation. Caroline encourage à y penser tôt : « Confier son enfant un soir toutes les deux semaines, pour une soirée en couple, pour être seule ou voir des amis. Plus on attend, plus c’est difficile. Et prendre du temps pour soi permet de souffler, de se reconnecter, de se reposer. Il faut penser en vase communicant : ce qui est bon pour vous l’est aussi pour le bébé. »

MiYé : accompagner le corps et le mental

C’est pour répondre à ces besoins que MiYé a été créé. La marque développe des soins et compléments pensés pour accompagner les femmes pendant et après la grossesse. « Notre complément Sérénité est riche en magnésium, safran, vitamines du groupe B et plantes adaptogènes. Il agit sur le système nerveux et aide à lisser les sautes d’humeur. »

MiYé propose aussi des solutions très concrètes : sérum pour les douleurs mammaires compatible avec l’allaitement, gel intime cicatrisant après un accouchement, brume protectrice pour la vulve enrichie en probiotiques pour renforcer la flore intime, ou encore sérum cheveux pour la chute post-partum. « La zone intime est particulièrement fragile après un accouchement. Elle doit être respectée, hydratée, protégée, mais surtout pas agressée.»

Vers un post-partum mieux reconnu

La bonne nouvelle, c’est que la parole commence à se libérer. « On parle enfin de post-partum, comme de la ménopause. Ce sont des sujets longtemps restés sous silence. Aujourd’hui, par exemple, on voit apparaître des consultations psychologiques en maternité. » Mais il reste du chemin à faire, notamment du côté du travail et de l’entourage. « J’aimerais que les dispositifs d’aide au retour au travail soient renforcés, avec des ajustements les premiers mois, et que le rôle des pères soit encore plus valorisé. Le post-partum ne devrait plus reposer uniquement sur la mère. »

Un dernier conseil ?

Pour les jeunes mamans en difficulté, Caroline est claire : « Il faut se faire aider. Par ses amis, sa famille. Si on n’a pas la chance d’être bien entourée, se tourner vers les PMI, avec des sages-femmes qui peuvent se déplacer, accompagner, écouter. Nos sociétés sont devenues très individualistes, on demande aux femmes de porter toutes les casquettes, alors qu’autrefois les femmes étaient entourées. Ce moment de vie demande du collectif, pour vivre pleinement ce moment de vie avec son bébé.»

Et pour celles qui cherchent un repère doux et déculpabilisant, elle recommande une lecture : Le mois d’or, de Marie Mahé-Poulin et Céline Chadelat, « un livre moderne, déculpabilisant, qui aide à vivre le post-partum autrement ».

Un grand merci à Caroline Lanson, cofondatrice de Miyé (@miye_care), pour ses mots justes et sa bienveillance.