Alors, c’est vrai : la région Hauts-de-France n’est pas la première région de France qui nous vient quand on parle de tourisme. Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nouvelle-Aquitaine, voire même la Bretagne sont souvent les noms qui reviennent en tête. Et pourtant, la Région hauts-Hauts-de-France a de l’énergie à revendre, mais surtout beaucoup de cœur. Pour vous, la rédaction d’Arts a pu passer 3 jours au cœur d’une France qui mêle passé, présent, et même futur désormais.
Une histoire minée
Après la Seconde Guerre mondiale, peu de personnes donnaient cher de la peau de la Région. Les Hauts-de-France, connus historiquement pour être un bassin minier et de forage, ont subi de lourds dégâts lors de la 1re et de la 2de Guerre Mondiale. Une ville comme Lens a été détruite à plus de 98 % après la Grande Guerre. Pour l’anecdote, il n’y a rien de plus de 110 ans à Lens. On découvre encore des cadavres de la 1re Guerre Mondiale à chaque nouveau chantier à Lens. Un nouveau cimetière va bientôt sortir de terre.
Alors quand on arrive à la gare, on sent la ville qui est sortie de terre de bout en bout. Tout à l’air neuf. Lens a été entièrement refaite en style art déco. Après un rapide tour de la Gare et de son histoire, nous voilà parti pour le musée du Louvre-Lens.
Un musée qui rappelle une architecture à la Tony Stark dans Marvel. High-tech, avant-gardiste, le nec plus ultra de la culture dans le Nord.

Architecture antique et orientalisme
Le musée Louvre-Lens est une idée de Feu Jacques Chirac, ancien président de la République. Dans un but de décentralisation économique, sociale mais également culturelle, l’idée du président Chirac est de promouvoir l’art partout en France et de faire la promotion d’une certaine idée de la culture française. Le musée se situe sur un ancien site minier.
Ce qui est détonnant avec ce musée, ce sont les jeux de lumières permanents. L’architecture du bâtiment permet son évolution avec l’extérieur : jeu de lumière, jeu de chaleur. Une immense galerie est présente à l’intérieur avec une architecture en pente.
Deux expositions nous ont accueillis : les orientalismes, qui content une histoire allant des mille et une nuit, aux arrivées des premiers mineurs marocains dans les hauts-Hauts-de-France dans les années 60 jusqu’à nos jours. Une exposition encore disponible jusqu’au 20 juillet.

Se poursuit une visite à travers le temps dans le musée, on se perd entre le buste du dieu Amon et encore la statue héroïque de Jules César. Plusieurs œuvres se sont retrouvées grâce à la collaboration avec le Quai Branly. À travers cette visite, notre guide Godeleine Vanhersel nous apprend un peu plus sur le droit juridique des œuvres en temps de guerre. Après 1945 et le pillage de masse opérée par les Nazis ainsi que les nombreux autodafés commis, un cadre a dû être mis en place pour ne plus revoir disparaître dans la nature ces œuvres.
Aujourd’hui, les biens culturels sont protégés à la fois par les dispositions générales du droit humanitaire protégeant les biens civils, et par les dispositions de la Convention de la Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Adopté en 1954, cet instrument prévoit en effet une protection spéciale pour le patrimoine culturel des peuples. Il a été complété par les Protocoles additionnels de 1977, et fait aujourd’hui partie intégrante du droit international coutumier.
D’un musée à un autre, nous voilà arrivés au Musée d’Art et d’industrie André Diligent de Roubaix. Ce musée nous a rapidement surpris car il se situe… dans une PISCINE. En effet, le principal chef d’œuvre du musée est les vitraux qui illuminent la piscine et ses statues.
Le muséum tour se fait avec l’architecte en chef Luc-Benoît Brouard qui nous raconte pendant 1 h 30, avec fougue, le temps consacré à la conception de ses vitraux, le choix des pièces, leurs provenances parfois cocasses. Avec une architecture allant de l’Ouest à l’Est.
Une région paisible
De lieux en lieux, nous découvrons en même temps les endroits qui caractérisent le nord, comme les fameux estaminets, les restaurants, et des paysages à en perdre la tête. Arrivée à la Villa Cavrois dans le quartier Beaumont, nous avons contemplé une architecture des années 80 très futuriste. Le tout designé par Robert Mallet-Stevens et Pierre Barret.

Enfin, ces 3 jours s’achèvent un concert en pleine forêt compiégnoise. Le festival des forêts est un savant mélange de concerts et bains de forêts musicaux. L’édition de cette année s’arrête le 12 juillet 2026. Cette année, c’est le violoncelliste à la renommée internationale Aurélien Pascal qui a fait l’honneur de montrer tout son talent.
3 jours, au final, c’est bien trop court pour résumer l’expérience dans ces hauts-Hauts-de-France. L’initiative, lancée par Xavier Bertrand, de marketer la région porte de plus en plus ses fruits. Chaque année, ce sont des milliers de Français, de Belges, et même de Japonais qui viennent voir nos terroirs et notre savoir-faire.
Une région de bien-être où l’on peut se retrouver. Le tout à une heure de Paris.