Ménopause et carrière : un enjeu silencieux de l’égalité professionnelle

Par Alexandre Foumangoye |

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est important de rappeler que l'égalité professionnelle ne se limite pas à l'accès aux postes ou aux salaires. Chaque année, environ 500 000 femmes en France entrent en ménopause.

Alors que des initiatives commencent tout juste à émerger en entreprise pour améliorer la parité femmes-hommes, notamment avec le congé menstruel, de nombreuses femmes traversent encore la transition vers la ménopause dans le silence et souvent sans soutien. Pourtant, la ménopause n'est pas seulement un enjeu de santé : elle influence directement la confiance en soi, l'auto-efficacité et la trajectoire professionnelle.

Ménopause et carrière : un enjeu silencieux de l’égalité professionnelle

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est important de rappeler que l’égalité professionnelle ne se limite pas à l’accès aux postes. Encore moins aux salaires. Chaque année, environ 500 000 femmes en France entrent en ménopause.

Alors que des initiatives commencent tout juste à émerger en entreprise pour améliorer la parité femmes-hommes, notamment avec le congé menstruel. De nombreuses femmes traversent encore la transition vers la ménopause dans le silence et souvent sans soutien. Pourtant, la ménopause n’est pas seulement un enjeu de santé. Elle influence directement la confiance en soi, l’auto-efficacité et la trajectoire professionnelle.

Un impact professionnel sous-estimé

Selon une enquête menée par Sophie Hennekam, experte en parité et diversité en entreprise à Audencia, les femmes ménopausées perçoivent cette transition comme ayant un impact négatif sur leur carrière. Certaines choisissent même de ralentir leur parcours professionnel, en optant pour un mi-temps ou en refusant de nouvelles responsabilités.

Entre tabous, stigmatisation et manque de soutien au travail. Cette transition naturelle devient un obstacle silencieux à l’égalité professionnelle, en particulier pour les femmes travaillant dans des secteurs exigeants ou précaires. Les symptômes ( bouffées de chaleur, troubles du sommeil, difficultés de concentration, fatigue chronique ) peuvent affecter la performance au quotidien.

Cette invisibilisation a des conséquences concrètes. Perte de confiance, retrait progressif des projets ambitieux, freins à l’évolution professionnelle au moment même où l’expérience et la maturité professionnelle sont à leur apogée. Pour certaines femmes, la ménopause coïncide avec une période clé de la carrière. Celle où elles pourraient accéder à des postes de direction ou à des responsabilités stratégiques.

Sensibiliser et former les managers

Pour Sophie Hennekam, des actions de sensibilisation doivent être mises en place en entreprise pour informer les managers sur les enjeux liés à la santé des femmes, et plus spécifiquement sur la ménopause. Elle invite même les entreprises françaises à aller plus loin en proposant des adaptations spécifiques pour les collaboratrices concernées.

Former les managers à reconnaître les signaux, à ouvrir le dialogue sans gêne et à proposer des aménagements pratiques constitue un levier essentiel. Il ne s’agit pas de traiter les femmes différemment, mais de prendre en compte une réalité biologique qui affecte une large partie de la population active.

Un enjeu stratégique pour les entreprises

Accompagner les femmes pendant la ménopause n’est pas seulement une question de justice sociale ou d’égalité. C’est aussi un enjeu de performance et de rétention des talents. Les femmes de 45 à 55 ans constituent une part importante et croissante de la population active. Les perdre ou les voir se retirer progressivement représente une perte d’expertise, de savoir-faire et de leadership.

En brisant le silence autour de la ménopause, en formant les managers, en proposant des aménagements concrets et en créant un climat de confiance. Les entreprises peuvent transformer un obstacle invisible en opportunité d’inclusion réelle. La ménopause n’est pas un handicap, c’est une transition naturelle qui mérite d’être reconnue et accompagnée comme telle.

À l’heure où les entreprises multiplient les engagements pour l’égalité professionnelle, il est temps d’intégrer pleinement cet enjeu dans les politiques RH et les stratégies de diversité. L’égalité ne se limite pas aux chiffres. Elle passe aussi par la prise en compte des réalités physiologiques et psychologiques de toutes les collaboratrices. A chaque étape de leur vie professionnelle.