Dans un monde où l’on applaudit les carrières fulgurantes mais où l’on juge encore les femmes qui sortent du cadre, la question mérite d’être posée. Et si, finalement, l’ambition n’était pas un modèle unique à copier-coller, mais un concept à revisiter ?
Ce que la société veut appeler ambition
L’ambition telle qu’on nous la vend coche toujours les mêmes cases : grimper dans la hiérarchie, gagner plus, montrer qu’on “réussit” avec des preuves visibles et quantifiables. C’est la version KPI-du-bonheur. Le problème : ce modèle a été conçu sans tenir compte des réalités féminines, des doubles standards et de la charge mentale qui s’invite partout.
Pire encore : si on en fait trop, on est trop carriériste, on délaisse notre famille, on choque. Si on en fait moins, on manque d’ambition. Bref, un magnifique piège où quoi qu l’on fasse, on perd des points. On finit par confondre ambition et pression, réalisation et performance, réussite et validation extérieure.
Quand la passion devient pression
Oui, l’ambition peut être inspirante… mais elle peut aussi épuiser. À force de vouloir cocher toutes les cases, de courir après la version parfaite de soi-même et de vivre dans la comparaison, on flirte avec l’épuisement émotionnel. Cette ambition-là n’est plus un élan interne : c’est une charge en plus.
Certaines femmes se pensent “pas assez ambitieuses”, alors que c’est souvent ce qui permet d’équilibrer la vie pro et perso et de préserver son bien-être mental.
Refuser un rythme qui écrase, c’est aussi une forme d’intelligence émotionnelle. Et un message important : l’ambition n’est pas censée nous brûler, ni nous déconnecter de nous-mêmes.
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Réussir sans être ambitieuse ? Mille fois oui
La société adore les success stories spectaculaires. Mais la vraie réussite, celle qui dure et qui fait du bien, n’a pas besoin d’être bruyante. Elle peut prendre des formes très différentes : faire un métier qui a du sens, construire un quotidien apaisé, agrandir sa famille, créer, transmettre, partager, évoluer à son propre rythme. On peut réussir en étant stable, en étant créative, en étant douce, en étant libre. On peut réussir sans vouloir gérer une équipe de 40 personnes ou lancer une start-up pendant ses vacances. On peut réussir sans vouloir conquérir le monde, juste en cherchant à se sentir bien dans le sien. Il existe mille façons de réussir : aucune ne nécessite une ambition colossale.
La performance au service de soi
Et si, au lieu d’essayer d’être “ambitieuse pour réussir”, on essayait d’être alignée ? L’ambition peut être autre chose qu’une course. Elle peut devenir un moteur personnel, un mouvement plus doux : se respecter, se choisir, s’écouter. Décider ce qu’on veut — pour soi, pas pour le CV ni pour les posts Linkedin.
Avoir de l’ambition, ce n’est pas viser la lune à tout prix. C’est savoir ce qui compte, ce qu’on veut protéger, où on veut mettre notre énergie. C’est préférer l’alignement à la performance, la joie au prestige, la cohérence au regard des autres.
3 questions pour trouver votre propre définition de l’ambition
Pour y voir clair, on se pose trois questions simples, mais radicalement efficaces :
- Qu’est-ce que je veux vraiment accomplir, si j’arrête de me comparer ?
- Qu’est-ce que je suis prête à donner (et pas prête du tout) pour ça ?
- Qu’est-ce que la réussite signifie pour moi aujourd’hui — pas pour la version de moi d’il y a dix ans ?
Prenez cinq minutes, et vous verrez : les réponses changent beaucoup de choses.
La vraie question n’est pas : “Suis-je assez ambitieuse pour réussir ?” mais : “Cette ambition me rend-elle heureuse ?”. Plutôt que de craindre le manque d’ambition, on ferait mieux d’avoir peur de ne plus savoir s’écouter.