Le fantasme de l’année idéale
Pourquoi attend-on autant du passage à la nouvelle année ? Parce qu’il donne l’illusion d’un nouveau départ. Un avant/après rassurant. Psychologiquement, cela permet de croire que l’on peut laisser derrière soi ses échecs, ses fatigues, ses hésitations. Comme si le 1er janvier effaçait le 31 décembre. Mais cette idée repose sur un mythe : celui du contrôle total. Or la vie, elle, n’obéit ni aux agendas ni aux bonnes intentions (et c’est la raison pour laquelle elle peut être parfois franchement décevante). Alors non, 2026 ne sera pas une année parfaite.
Les bonnes résolutions : de l’élan à la pression
Les résolutions partent souvent d’un désir sincère : aller mieux, prendre soin de soi, se respecter davantage… Le problème, c’est la manière dont elles se transforment rapidement en injonctions. Il faut tenir, il faut réussir, il faut être constante. Résultat : dès la première entorse, la culpabilité s’installe. “Je n’ai pas tenu.” “Je manque de volonté.” Comme si l’échec d’une résolution disait impactait notre valeur. Beaucoup abandonnent ainsi la résolution, mais également la bienveillance envers elles-mêmes.
Nous ne repartons jamais de zéro
Ce que les discours sur le “new year, new me” oublient souvent, c’est que nous arrivons en janvier déjà chargées. Fatigue émotionnelle, tensions corporelles, événements non digérés. Le corps et le mental ne possèdent pas de bouton reset. Attendre de soi une transformation radicale sans tenir compte de ce que l’on porte est finalement profondément injuste envers soi-même.
Une année imparfaite, donc réaliste
2026 aura ses hauts et ses bas. Des périodes d’élan et des moments de flou. Des décisions alignées et d’autres prises par fatigue : c’est normal. Une “bonne année” n’est pas une année sans obstacles, mais une année où l’on apprend à composer avec eux.
Et si on changeait la forme des résolutions ?
Plutôt que des promesses rigides, pourquoi ne pas poser des intentions souples ? Non pas “je dois”, mais “j’aimerais”. Non pas “tous les jours”, mais “quand c’est possible”. Une intention n’est pas un contrat à honorer coûte que coûte, mais une direction vers laquelle on revient.
Par exemple : mieux écouter ses limites, se parler avec plus de douceur, faire un peu plus de place à ce qui fait du bien, même modestement. Ces micro-ajustements ont souvent plus d’impact que les grandes déclarations.
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Redéfinir ce que signifie “réussir son année”
Réussir une année, ce n’est pas cocher toutes les cases. Ce n’est pas être productive, rayonnante et sereine en permanence. Mais c’est plutôt traverser les moments difficiles sans se perdre complètement. C’est savoir demander de l’aide, ou ralentir au lieu d’insister. Une année réussie peut être une année où l’on a appris à dire non, où l’on s’est reposée davantage, où l’on a accepté de ne pas tout comprendre, tout régler, tout anticiper.
Accueillir 2026 telle qu’elle sera
2026 ne sera pas une année parfaite. Elle sera mouvante, imparfaite, imprévisible. Et c’est précisément pour cela qu’elle pourra être riche. En renonçant au fantasme de la perfection, on se libère d’un poids immense : celui de devoir être à la hauteur en permanence.
6 résolutions (réalistes) pour 2026 :
- Dire “non” au moins cinq fois dans l’année.
- Se limiter à trois crises existentielles où l’on remet sa vie en question
- Rater ses résolutions sans s’auto-flageller, parce que de toute façon, tout le monde va résilier son abonnement à la salle de sport dès le mois de mars.
- S’autoriser à ne rien faire sans l’appeler “flemme”. Disons plutôt “récupération stratégique”.
- Arrêter de se culpabiliser pour absolument tout.
- Arrêter de croire que tout doit aller mieux en janvier. Février aussi a le droit de servir à s’ajuster.